The Lone Ranger

Après « Rango », Gore Verbinski et son producteur Jerry Bruckheimer poursuivent leur veine western avec cette réadaptation de « The Lone Ranger ». Victime d’une mauvaise presse aux Etats-Unis et d’un box office domestique frôlant la catastrophe, le film n’est pourtant pas le navet annoncé, et s’impose, au contraire, plutôt comme l’un des (le?) meilleurs blockbusters de cet été. Alors, pourquoi tant de haine?

La grosse surprise de « The Lone Ranger », c’est la noirceur de son scénario et l’auto-critique du récit, spécialement pour une production Disney (!). En effet, Verbinski dépeint une version étonnamment clairvoyante de l’histoire américaine: entre massacres d’Indiens et manipulation politique, le réalisateur met en images, à l’instar d’un Sergio Leone des décennies plus tôt, les premiers pas du capitalisme américain en livrant sa propre version d’« Il était une fois dans l’Ouest ». Peu étonnant que les Américains, confrontés à leur propre image, ne soutiennent le film…

En outre, « The Lone Ranger » a le mérite de rendre un bel hommage au cinéma, notamment grâce à l’immense scène d’action finale. Celle-ci ressuscite le burlesque des serials des années 1910, avec une séquence grand-guignolesque qui renvoie aux attractions et à la simultanéité de ces feuilletons. Pour ceci, pour être parvenu à réactualiser les codes du western classique (pertinente représentation de l’Indien) et pour son étonnante lucidité, « The Lone Ranger » se révèle comme un divertissement de qualité qui mérite toute votre attention, malgré ses défauts (un Depp éternellement cabotinant et caricatural, un rythme boiteux).

The Lone Ranger
De Gore Verbinski
Avec Armie Hammer, Johnny Depp…
Buena Vista

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