Notamment produit par les studios « Blumhouse », toujours très originaux quant à leurs choix, le cinéaste débutant Kevin Thomas a mis en scène une fiction hors du commun, abordant un thème d’une manière inédite et permet de passer un bon moment… effrayant.


Contre toute attente et après beaucoup de travail en lui-même, Yakov a réussi à quitter la communauté juive orthodoxe car il désirait ardemment chasser ses propres démons et avancer dans sa vie. Malheureusement, le soir où il « croise » Reb, il se sait fauché et à contre-cœur, il va accepter la proposition que son ancien rabbin lui fait. Soit endosser le rôle de shomer, c’est-à-dire être le tuteur légal temporaire durant la veillée funeste d’un corps. Yakov l’a déjà fait plusieurs fois et après une amère négociation financière avec Reb, il le suit pour aller chez les Litvak et faire son travail. Sur place et se retrouvant seul en compagnie de l’épouse du défunt et la dépouille de ce dernier, d’étranges évènements vont peu à peu submerger Yakov. Réalité ou hallucinations ? Il devra puiser très profond en lui-même, une fois encore, afin de le découvrir… Parce que les apparences sont toujours trompeuses.

« Get Out », « Halloween » ou « Happy Birthdead 1 et », sont quelques productions majeures distribuées par la major indépendante et aimant prendre de nombreux risques, « Blumhouse ». Et il s’avère que c’est encore le cas avec « The Vigil » qui offre grâce au scénario et à la réalisation de Keith Thomas une trame inédite et très bon film d’horreur.

Car malgré certaines scènes un peu trop longues, manquant de dynamisme, une fin quelque peu incohérente et une situation mondialement compliquée liée à la Covid-19, le tout 1er long-métrage du cinéaste devrait quand même avoir son petit succès. En effet, entre la composition musicale parfaitement ajustée, les ambiances et décors utilisés à merveille ou encore les nombreuses allusions à plusieurs chefs-d’œuvre cinématographiques, « The Vigil » plaira certainement à un large public appréciant de ressentir un frisson horrifique.

Ceci pour différentes raisons en sus de celles déjà mentionnées. A commencer par l’immersion demeurant certes religieuse, mais qui garde son objectivité tout au long de l’histoire. En outre, « The Vigil » se dote d’un mélange de yidich et d’anglais fort bien usité par le casting. Voilà pourquoi, il est nécessaire, plus intéressant et pertinent, d’aller découvrir cette réalisation dans sa version originale sous-titrée.

A propos de la distribution, entre le désespéré et perturbé Dave « Yakov » Davis (« Logan »), l’injuste et menaçant Menashe « Reb » Lustig (« Brooklyn Yiddish ») ou encore l’étrange et effrayante Lynn « Mrs. Litvak » Cohen (« Hunger Games – L’embrasement »), leur trio savoureux amène une excellente dose d’angoisse. Malheureusement, Lynn Cohen ne saura jamais si « The Virgil » aura été un succès, car la comédienne est décédée en février dernier et son rôle sera l’un des derniers au cinéma.

Pour en revenir à « The Virgil » qui fut principalement tourné en huis-clos, au moment où « Yakov » le héros, pénètre au sein du sinistre appartement des « Litvak », non seulement le temps donne l’impression de passer autrement, mais en plus les incidents que le personnage principal verra, emmèneront les spectateurs-trices relativement loin.

Car d’une part, les gens curieux de voir « The Vigil » en apprendront davantage quant à certaines croyances et pratiques des Juifs orthodoxes. D’autre part, le métier de shomer demeurant relativement méconnu, se montre d’une manière très intelligente et efficace au travers de cette fiction. A savoir que le réalisateur Kevin Thomas a essayé de respecter au mieux ce travail, parfois nocturne et éprouvant.

Si le sentiment d’effroi se perçoit assez rapidement grâce aux effets employés au sein du long-métrage à petit budget, ceux-ci ne sont heureusement pas filmés de manière abusive. Ainsi, entre les démons personnels de « Yakov » et ses potentielles hallucinations, l’horreur et le drame se côtoient tout au long du récit et de façon maîtrisée.

Bien sûr, le long-métrage reste déconseillé pour les enfants et les personnes sensibles à cause de certaines scènes pouvant choquées.

Néanmoins et en définitive, entre l’approche psychologique, le côté effrayant et les séquences inattendues, « The Vigil » permet de passer un bon moment en frissonnant et en oubliant un instant, la canicule.

The Vigil – Il ne vous laissera pas partir
USA – 2019 – 90min – Horreur
Réalisateur: Keith Thomas
Casting: Dave Davis, Menashe Lustig, Malky Goldman, Lynn Cohen, Fred Melamed, Ronald Cohen
Spot On Distribution
29.07.2020 au cinéma

« The Vigil » : Le film d’horreur orthodoxe estival réussi !
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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