A la poursuite de demain

Un hommage old school à l’esprit de progrès du cinéma américain des années 50 par Brad Bird !

Une attente justifiée ?
Brad Bird avait déjà su s’imposer dans le monde des films d’animation grâce à de films comme « Le Géant de Fer », « Les Indestructibles » ou encore « Ratatouille », qui furent des succès tant au niveau commercial qu’au niveau critique. Son premier long métrage ne fut pas moins un succès, puisqu’il s’agit du très bon « Mission Impossible : Le Protocole Fantôme ». Sachant cela et vu comme la bande-annonce de « Tomorrowland » a su jouer à la perfection la carte du mystère, on ne peut que se douter de l’attente autour de ce projet.

A la poursuite de demain

Au final, qu’en est-il ?
Le résultat final est malheureusement en demi-teinte. La première moitié du film est excellente. On y découvre un monde spectaculaire, des personnages attachants et relativement bien développés, un traitement graphique superbe et juste ce qu’il faut de mystère pour attendre la suite avec impatience. C’est bien simple, les séquences de découverte de Tomorrowland (le lieu, pas le film) sont assez somptueuses et nous font retomber en enfance, les yeux brillants, un peu comme l’avait fait à l’époque « Jurassic Park » lors de l’arrivée dans le parc. La comparaison est plus que flatteuse, mais totalement justifiée par ce premier acte de très bonne facture. Forcément, on trépigne d’impatience d’en apprendre plus sur les enjeux de ce monde onirique et de voir des séquences d’anthologie dans un climax surprenant. Commence alors, avec l’arrivée des héros dans Tomorrowland, un développement scénaristique fainéant et sans surprises.

A la poursuite de demain

Tout ça pour ça ?
On oublie toutes les promesses faites dans la première partie pour aller de déception en déception. L’antagoniste, Nix (interprété par Hugh Laurie), est d’une banalité stupéfiante, sa présence dans le film n’étant justifiée que par une ficelle ultra classique du genre « Il faut bien un grand méchant dans un film ». Le monde tantôt splendide perd volontairement de sa superbe, mais c’est bien l’ensemble de l’œuvre qui se dégrade. La cohérence entre les deux mondes est plus que bancale. Plus l’histoire avance, plus on se demande quel est exactement le but de Nix, tant ses actes contrastent avec ses paroles. Les scènes d’action sont plutôt molles et sans originalité, l’héroïne principale se retrouve reléguée au troisième plan alors que jusque-là on la présentait comme la solution à tous les problèmes. Bref, vous l’aurez compris, on croirait voir un autre film tant la qualité diffère. Petite mention quand même pour George Clooney, dont la performance honnête offre même quelques moments d’émotions bienvenus, relevant d’un poil la qualité de la deuxième partie.

A la poursuite de demain

Par conséquent, si vous êtes capables de faire abstraction d’une mauvaise conclusion et de ne garder que ce qu’il y a de mieux dans un film, « Tomorrowland » vaut indéniablement le détour pour sa première moitié qui tient toutes ses promesse. En revanche, si une fin absurde est la dernière image que vous gardez d’une œuvre, la laissant gâcher tout ce qui la précède, alors passez votre chemin, car ce film ne manquera pas de vous décevoir. Il n’en reste pas moins que le film livre un message positif plutôt sympathique et bienvenu malgré un traitement très orienté jeune publique. Finalement, si vous voulez voir du très bon Brad Bird au niveau émotions, je ne peux que vous conseiller « Le Géant de Fer », petit bijou d’animation. Si, en revanche, vous préférez voir un très bon divertissement du réalisateur, c’est vers « Mission Impossible : Le Protocole Fantôme » qu’il faudra vous tourner. Il semblerait que mélanger les deux genres ne soit pas encore son fort. On lui pardonnera cependant volontiers ce faux pas au vu de son parcours tout en attendant avec impatience son prochain film.

Tomorrowland
(A la poursuite de demain)
De Brad Bird
Avec George Clooney, Britt Robertson, Hugh Laurie
Disney Pictures


Tomorrowland (À la poursuite de demain) – Bande… par TheDailyMovies