Avengers : L'ère d'Ultron

Avengers : L’ère d’Ultron –


Trois ans après avoir assouvi le fantasme absolu des fans de Marvel et cartonné au box-office avec « Avengers », Joss Whedon réunit une seconde fois sa dream team en livrant une suite qui se veut plus sombre et plus proche de l’intimité des personnages.


Dans l’air du temps
Ne ratant jamais une occasion pour tenter de rendre le monde plus sûr, Tony Stark tente de mettre au point un système de surveillance absolue et robotisée qui parviendrait à garantir le maintien de la paix. Opérant dans le dos de ses acolytes, Stark voit sa création lui échapper et donne ainsi naissance, à la manière du Docteur Frankenstein, à un monstre informatique persuadé que le meilleur moyen de protéger l’humanité n’est autre que de l’anéantir. Voilà donc les Avengers confrontés à une nouvelle menace, d’autant plus redoutable qu’elle s’avère insaisissable car douée d’ubiquité et qu’elle bénéficie du soutien de deux jumeaux aux étranges pouvoirs. Vous l’aurez compris, la nature de cette menace, nommée Ultron, fait écho à la problématique on ne peut plus contemporaine des dérives de la surveillance informatique généralisée.

Avengers : L'ère d'Ultron

Avengers : L’ère d’Ultron

Le paradoxe d’Ultron
Si le premier « Avengers » bénéficiait d’une écriture particulièrement efficace, cette « Ère d’Ultron » souffre de grosses lacunes narratives. Entre les personnages qui courent après les punchlines ; les séquences introspectives censées révéler les plus grandes peurs des héros mais qui resteront inexploitées et un montage qui semble souffrir de nombreuses coupes ; cette suite déçoit précisément là où son aîné nous avait séduits. Seul le personnage de Thor parvient à tirer son épingle du jeu en nous décrochant quelques sourires.

Alors que le grand méchant ne cesse de revendiquer sa liberté en entonnant à de nombreuses reprises la fameuse chansonnette de Pinocchio (« sans aucun lien, je me tiens bien, je ne titube, ni ne chancelle, je n’ai besoin d’aucune main qui tire des ficelles »), le film ressemble paradoxalement à un produit formaté privé de toute originalité. On se demande vraiment ce qui motive Joss Whedon à nous conduire dans le logis familial d’un des Vengeurs, et à nous montrer Captain America et Iron Man se lancer des vannes en coupant du bois, alors qu’Ultron menace d’anéantir l’humanité, si ce n’est pour élargir le public visé. Ajoutez à ça de (trop) nombreuses scènes d’action rarement convaincantes car dépourvues d’enjeu et alourdies par un raz de marée d’effets spéciaux trop visibles et vous achevez la déception.

Avengers : L'ère d'Ultron

Avengers : L’ère d’Ultron

À l’image du plan-séquence renvoyant directement au final d’« Avengers » sur lequel s’ouvre « l’Ère d’Ultron », cette suite apparaît comme une pâle répétition de la formule, à laquelle il manque une âme et une personnalité. Force est de constater qu’à mesure que l’écurie Marvel et son président Kevin Feige multiplient les films et appliquent la même recette (surenchère de scènes d’action et ton excessivement décontracté), le caractère fascinant des ces super héros s’estompe et ce qui devait être des figures quasi mythologiques se transforme peu à peu en vulgaires marionnettes.

Avengers : L’ère d’Ultron (The Avengers: Age of Ultron)
De Joss Whedon
Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
Disney/Marvel
Sortie le 22/04

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Une réponse

  1. Robert

    la claque des effets spéciaux et quel plaisir de voir que les scénaristes se sont lâchés dans les dialogues… de l’humour, de l’action… un pur divertissement et quelques bonnes surprises 🙂 Je vous conseil de rester jusqu’à la fin du générique… par contre, la IMAX 3D ne sert à rien!

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