© Cinétévé • Obala Art Centar • Bande à part Films • Mir Cinematografica • Ukbar Filmes • unafilm • Orange Studio • France 2 Cinéma

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13 courts-métrages construisent une œuvre complète, captivante et intelligente
Il faut être un génie pour réussir à réunir 13 réalisateurs européens d’horizons artistiques hétéroclites et réaliser un film linéaire et cohérent, avec un sujet délicat comme Sarajevo, ville tourmentée par la violence des guerres du 20ème siècle. Ce tour de force a été accompli brillamment avec « Les ponts de Sarajevo », sous la direction artistique du critique et historien du cinéma Jean-Michel Frodon.

« Les Ponts de Sarajevo » se décline donc en 13 courts-métrages qui se font écho, tournés en plusieurs langues et dans plusieurs pays européens, mais sans jamais perdre de vue la capitale bosniaque. A chaque réalisateur, un style propre et un genre distinct : fiction historique, comédie, documentaire, reportage. A chaque film, un regard différent sur la première Guerre Mondiale, le conflit yougoslave, l’émigration et la difficile reconstruction.

Cet apparent chaos de formes, de thèmes et de genres est totalement maîtrisé grâce à une trame réfléchie et une imbrication intelligente des productions. Le récit commence avec une reconstitution de l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, l’élément déclencheur de la première Guerre Mondiale. Les premiers courts s’organisent ainsi autour des protagonistes de l’attentat et abordent la « responsabilité » de l’anarchiste assassin Gavrilo Princip, entre fierté et horreur. Ensuite une version transformée du « Je vous salue Sarajevo » de Jean-Luc Godard – succession de flashes et d’exclamations agressives en lettres majuscules, hommage et critique aux photographes de guerre – explose telle une bombe qui nous propulse du Sarajevo de 14-18 au Sarajevo de 1992. Ensuite, plusieurs portraits – réels ou fictifs – témoignent de la dureté du conflit et de son héritage. Ursula Meier conclut ce film omnibus avec « Silence Mujo », une fable tendre mettant en scène la rencontre entre une femme en deuil et un garçon qui a égaré un ballon de foot dans le cimetière musulman.

Captivant, émouvant, drôle, choquant, intelligent, « Les ponts de Sarajevo » se boit d’une traite, même si, isolément, chaque court-métrage possède sa personnalité et sa force. Une leçon d’histoire, un cours de cinéma, qui résonne dans la tête du spectateur longtemps après la projection.

Les ponts de Sarajevo
Film à sketchs constitué de 13 court-métrages
Réalisateurs: Aida Begic, Leonardo Di Costanzo, Jean-Luc Godard, Kamen Kalev, Isild Le Besco, Sergei Loznitsa, Vincenzo Marra, Ursula Meier, Vladimir Perisic, Cristi Puiu, Angela Schanelec, Marc Recha, Teresa Villaverde
Direction artistique: Jean-Michel Frodon
Séquences animées : François Schuiten, Luis da Matta Almeida
Rezo Films et Orange studios

www.lepublicsystemecinema.fr/presse/films/les-ponts-de-sarajevo

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