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23 juin 2021

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« Oxygène » : Le huis clos spatial déroutant

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Si le second scénario de la scénariste Christie LeBlanc crée plusieurs situations haletantes et anxiogènes, malheureusement « Oxygène » s’avère un peu trop long et aborde un sujet qui est quelque peu désuet. En tout cas, il vaut mieux avoir du souffle afin de le voir.


Alors que le calme régnait, soudain, un 1er bruit retentit au travers d’une sirène stridente accompagnée d’une lumière rouge, comme un signal d’alarme. Quelques instants plus tard, une jeune femme se réveille brutalement et totalement désorientée. Désemparée, elle réalise rapidement son enfermement dans une sorte de boite, entourée de boutons angoissants et incompréhensibles. Au-dessus d’elle, une voix va lui parler et l’informer notamment, qu’il lui reste vraiment peu d’oxygène. Totalement perdue, ne sachant qui elle est hormis au travers de rares flashs instinctifs et sentant sa mort très proche, elle va devoir se battre pour retrouver son identité, survivre et surtout… continuer à respirer.

Presque une vingtaine d’années après sa dernière réalisation en France avec l’excellent « Haute Tension », le français Alexandre Jouan Arcady, plus connu sous le nom d’Alexandre Aja, tourna un nouveau long-métrage au sein de l’Hexagone. Si « Oxygène » devait à la base se produire aux Etat-Unis, la Covid changea la situation, comme d’autres choses dans ce projet.

A l’exemple des changements au niveau des actrices en tête d’affiche. 2 transitions se firent avant que la comédienne Mélanie Laurent n’accepte le film. Auparavant, Anne Hatthaway (« Modern Love ») et Noomi Rapace (« Seven Sisters ») étaient prévues, mais pour différentes raisons, elles ne s’impliquèrent finalement pas de manière concrète jusqu’au tournage. Seule la Suédoise Noomi Rapace resta investie en qualité de productrice exécutive.

Quoiqu’il en soit, la performance de Mélanie Laurent (« Mia et le Lion Blanc ») demeure assez sympathique. Mais en repensant à la plupart de ses précédents rôles, quelque peu décevante aussi paradoxalement. En effet, pour une comédienne habituée à interpréter de formidables palettes émotionnelles, son jeu manqua malheureusement d’intensité et le sentiment de danger de mort qu’elle dégage, pas assez exploité.

De plus, une partie des dialogues échangés ne sont pas suffisamment cohérents et créent malencontreusement, des faux raccords et un certain manque de logique au niveau des pensées et réflexions de l’héroïne. Néanmoins, celle-ci se montre humaine et alerte jusqu’à la fin de la fiction et démontre ainsi, que l’instinct de survie prime lorsque la mort demeure à proximité.

Par rapport aux décors et personnages secondaires, ceux-ci s’avèrent minutieusement travaillés et incarnés. A commencer par le progrès technologique parfois assez affolant dans cette fiction. Ainsi, l’un des soutiens principaux (de la jeune femme) incarné par Mathieu Almaric (« Le Grand Bain ») montre d’une part, le talent du comédien grâce à son timbre vocal et d’autre part, que la haute technologie, peut tout de même aider les êtres humains. Evidemment, à condition de l’employer à bon escient.

Mais si Mathieu Almaric affirme son savoir-faire, ses collègues à l’exemple de Marc Saez (« Borgia, saison 3 ») et Eric Herson-Macarel (« Mune, Le Gardien de la Lune ») se débrouillent très bien aussi. Notamment parce que leurs interprétations déstabilisent l’héroïne « Elizabeth Hansen » et les téléspectateurs-trices. Leurs personnages respectifs vont même jusqu’à affirmer certains propos à « Elizabeth » dans un but précis, néanmoins restant troublants pour la jeune femme.

Comme susmentionné, la distribution et les décors s’avèrent de très bonnes plus-values. Cependant et contrairement aux habitudes du cinéaste Alexandre Aja pour la plupart de ses réalisations, « Oxygène » aurait pu être davantage anxiogène et contenir plus d’hémoglobine. Car si plusieurs mystères planent autour du personnage principal, les rares scènes d’action manquaient de blessures physiques. Ceci est un choix probablement scénaristique, néanmoins ces séquences auraient rajouté un suspens supplémentaire.

En définitive, entre la profondeur et la détresse que les protagonistes apportent, certains sujets originaux et le sentiment d’oppression souvent présent, il est sûr qu’il vaut mieux avoir une bonne réserve d’oxygène et qu’ « Oxygène » ne s’adresse pas aux personnes souffrant de claustrophobie, par exemple.

Oxygène (O2)
FR – USA – 2021
Durée:1h 40min
Science fiction, Thriller, Drame
Réalisateur: Alexandre Aja
Casting: Mélanie Laurent, Malik Zidi, Marc Saez
12.05.2021 sur Netflix

Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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