Et si vous restiez coincé dans la plus dangereuse Escape Room, où le prix de la victoire est la vie sauve ? Après ce thriller psychologique, pas sûr que vous oserez encore vous frotter à ce genre de huis clos.


Pour ceux qui n’ont pas encore tenté l’expérience de l’Escape Game, la règle est simple : pour sortir d’une pièce en moins de 60 minutes, il s’agit de trouver tous les indices permettant de résoudre des énigmes. Si vous réussissez le challenge dans le temps imparti, vous aurez la satisfaction d’avoir partagé des moments mémorables entre amis. Mais si vous échouez, non seulement vous ne connaîtrez pas la solution gagnante au jeu et passerez sans doute le reste de la journée à vous enguirlander avec les membres de votre équipe, pour finalement remettre la faute sur votre « idiot de copain qui n’a pas été assez rapide au moment de crier le code à 4 chiffres ! ». Mais pour ces six participants   qui ne se connaissent pas, et dont il est question dans le film, la partie ne s’arrêtera que lorsqu’il n’en restera qu’un. Bienvenue dans la plus violente des Escape Room !

Malgré deux premières minutes qui auraient clairement dû être évitées pour ne présager la suite du récit, l’identification à ces six personnages se fait facilement. De salles en salles, les changements de décors très orignaux nous plongent dans ce huis clos dangereux. Le spectateur a l’impression de participer lui-même à cette partie meurtrière,. Le goût du risque et celui du jeu attisent notre curiosité à tel point que l’histoire tende à faire de nous des voyeurs.

Par sa cruauté, le récit renvoie d’ailleurs furieusement aux fameux « Hunger Games » de la saga du même nom. Poussés dans leurs retranchements, les participants observés et surveillés par des maîtres du jeu inconnus, développent un instinct de survie. Tels des rats de laboratoires conditionnés et soumis à des expériences, ils vont devoir se servir de leur savoir préexistant pour espérer trouver, dans une urgence absolue, les clés du présent. Leur rage de vivre est telle que leur corps comme leur esprit deviennent prêts à tout pour sortir du cauchemar. Car lorsque la survie s’impose comme un choix, nous redevons tels des animaux sauvages, tous des meurtriers.

Ce thriller haletant mais très stressant pourrait être perçu comme la métaphore d’une société de la perfection, où chacun devrait se surpasser et surpasser l’autre pour sortir vainqueur et s’imposer comme le meilleur, sous l’oeil inquisiteur et vicieux d’un Big Brother. Une société qui ferait ressortir le pire de l’être humain. Bref, les psychologues n’ont pas fini de débattre et disserter sur les questionnements que soulève « Escape Game ». Quant à elle, la fin du film laisse des questions en suspens, peut-être de quoi présager une suite dans laquelle réalité et fiction se confondraient…

Escape Room (Escape Game)
USA   –   2019   –   Action
Réalisateur: Adam Robitel
Acteur: Deborah Ann Woll, Tyler Labine, Taylor Russell, Logan Miller, Nik Dodani, Adam Robitel, Jessica Sutton, Jay Ellis
Rainbow

"Escape Game" : claustrophobes, prenez garde !
3.5Note Finale

A propos de l'auteur

Amoureux du film « American Gigolo », ses parents la prénomme en hommage à l'actrice Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, plus tard, comment rester indifférente face au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep prolonge sa culture en menant des études universitaires de cinéma. Omniprésent, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme. Preuve indélébile de sa passion, celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : « L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall ! ». Ça fait classe ! ;)

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