Après le succès mérité de « Kingsman: Services secrets », le réalisateur Matthew Vaughn se lance dans une suite qui joue la carte de la surenchère. Résultat: un (très) long métrage bruyant, confus et vulgaire, irrécupérable malgré un casting cinq étoiles.


On était sorti de « Kingsman: Services secrets » satisfait et rassuré par l’idée qu’aujourd’hui, il était encore possible de faire un film bête et méchant avec le cachet d’une super-production. Une fois de plus, l’univers hyper-violent et bas du front des bandes-dessinées de Mark Millar (WANTED, KICK-ASS) passait la rampe de l’adaptation cinématographique. La recette de « Kingsman » ? Coller un récit d’apprentissage sur une trame de James Bond vue et revue, avec Colin Firth dans le costume tiré à quatre épingles du maître espion et Taron Egerton, un jeune inconnu, dans le rôle du loser qui s’initie au métier d’agent secret via une série d’épreuves violentes. Et embrasse au passage les codes du chic britannique qui – c’est bien connu – gomme mauvaise éducation et immaturité chez tout bon sujet de la reine. Grâce à la présence au casting de Michael Caine, de Mark Hamill et de Mark Strong, on excusait sans peine Samuel Jackson en méchant mégalo pris en flagrant délit de cabotinage.

Malheureusement, aucune des recettes de ce premier volet ne fonctionne à nouveau dans cette suite dispensable, apparemment écrite dans la douleur de l’aveu même de Matthew Vaughn. « Kingsman: Le Cercle d’or » appartient à cette catégorie de séries B pénibles, à la fois roublardes et complètement paumées, qui abattent leurs cartes dès les cinq premières minutes pour rassurer un public pourtant acquis à la marchandise. D’entrée de jeu, une course-poursuite brouillonne dans les rues de Londres sur fond de vengeance personnelle annonce tous les défauts à venir d’un film construit sur la confusion des styles: l’exagération remplace l’outrance, la vulgarité chasse l’humour, le bruit écrase la subtilité, l’action enterre l’émotion, les effets spéciaux sont hideux… lancé à pleine vitesse comme un train fou sur plus de 2h20 (!), « Kingsman: Le Cercle d’or » piétine le capital sympathie de son prédécesseur et agresse nos yeux et nos oreilles.

Le seul plaisir coupable dans toute cette calamité ? Une brochette d’actrices et d’acteurs improbable, machinalement alignée d’une scène à l’autre: outre Taron Egerton, Colin Firth et Mark Strong, on découvre Julianne Moore à la tête du Cercle d’or (l’organisation ennemie), coincée dans un décor de pacotille auquel elle semble aussi peu croire que le spectateur. Suivent Channing Tatum en espion yankee cabotin, Jeff Bridges en patron de l’organisation d’espions US Statesman, Halle Berry en homologue du personnage de Mark Strong, et… Elton John, jouant son propre rôle dans un exercice d’autodérision parfaitement assumé qui réussit à nous décrocher quelques sourires. Quand on en vient à se dire que l’unique bonne raison de voir un film est Elton John, c’est qu’il y a là un vrai problème.

Kingsman: Le Cercle d’or
(Kingsman: The Golden Circle)
USA – 2017 – Action
Réalisateur: Matthew Vaughn
Acteur: Taron Egerton, Channing Tatum, Julianne Moore, Halle Berry
20Th Fox
11.10.2017 au cinéma

Kingsman : Le Cercle d’or, ou comment élargir le cercle de ses ennemis
1.0Note Finale

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