Après une journée très chargée, tant pour les bénévoles que les invité-e-s, il est clair que les organisateurs de l’évènement en tirent une bonne satisfaction. Présents au premier débat, malheureusement pas aux autres, nous avons suivi assidûment les discussions sur la série « Game of Thrones » et sa version française.


Avant tout, un petit mot sur les organisateurs s’étant regroupés au nom de Serialement-votre.fr. L’association a été fondée en 2007 et est dirigée par des professionnels liés au 7ème Art. La structure a pour but de promouvoir des séries télévisées, cinématographiques, littéraires, et même radiophoniques. Tout en se complémentant avec le domaine du doublage.

Mais revenons au Salon même, car c’est vers 11h00 que le premier débat commença et il fut de taille. C’est Paul Condé qui eut la tâche de présenter les invité-e-s, de leur proposer la parole et de les questionner notamment sur la série. Ainsi Anne Massoteau, Alice Orsat, Laurence Bréheret, Guillaume Orsat, Constantin Pappas et Philippe Ariotti entrèrent chacun leur tour. Mise à part l’amusant oubli d’introduction pour Monsieur Ariotti, tout se passa comme prévu. Les comédiens-iennes en doublage s’immergèrent vite avec un petit hommage sur le décès de Patrick Béthune qui doublait aussi dans Game of Thrones. Egalement pour Jean-Claude Bouillon, acteur décédé et ayant beaucoup œuvré dans la série française des « Brigades du Tigre ».

La suite des propos abordèrent principalement la série américaine. Diffusée en Suisse romande sur la Radio Télévision Suisse (RTS), la dernière saison est déjà attendue impatiemment pour 2019. Plusieurs rumeurs, circulent déjà. Comme la durée des épisodes, estimés à 1h40. Ou la quantité de ces derniers qui seraient entre 6 et 8. Durant le débat, les participant-e-s furent attentifs-ives à spoiler le moins possible pour le public n’ayant pas encore vu la récente saison. Il en va de même pour cet article afin de ne pas agacer une partie de nos lecteurs-trices.

La parole est donnée d’abord à Guillaume Orsat, qui prête sa voix au « Limier » dans la série, mais également à Vin Diesel (« Fast & Furious 7 »). Pour lui, l’acteur interprétant, Le Limier » au sein de la franchise de Georges R. R. Martin est un rôle surprenant. Car dans la première saison, le comédien francophone avait très peu de textes à relater. Puis au fur et à mesure des épisodes, Rory McCann (donc « Le Limier ») devient plus important et évolue positivement en passant de sous-fifre à un personnage plus noble. Un principe important et indéniable selon Guillaume Orsat et qu’il apprécie grandement.

Philippe Ariotti s’exprima à son tour en se remémorant une partie de ses doublages (environ 400) et surtout sa participation vocale inattendue sur celui qu’il admire tant, Jerry Lewis. Dans la série Game of Thrones, il incarne la voix française du « Moineau » (Jonathan Price) qui est un personnage ambitieux et glacial. Pour rappel, « Le Moineau » est un fils de cordonnier qui réussit à amasser assez de richesse et à côtoyer les nobles. Mais ses sordides plans vont trop loin et mènent finalement l’homme à un non-retour particulièrement jouissif. Pour Monsieur Ariotti, ce travail a été agréable et étonnant, car son protagoniste est très surprenant.

S’ensuivit Laurence Bréheret, soit la voix officielle française de « Cersei Lannister ». La comédienne, qui tourne dans la série française « Clem », avoua d’emblée ne pas regarder la série américaine. L’effet de mode ne lui en donne pas envie et en 20 ans de carrière, elle n’avait jamais autant perçu d’enthousiasme pour une fiction du genre. Mais elle explique qu’elle se rattrapera dès que l’engouement aura diminué. Toujours est-il qu’elle éprouve clairement la complexité de son personnage majoritairement froid et manipulateur. Car Lena « Cercei » Headey interprète avant tout une mère ambitieuse et prête à tout pour ses enfants.

Alice Orsat prit le micro juste après afin d’expliquer son travail. La jeune femme, comme tous ses collègues, se sent très investie par rapport à la série et constate également l’évolution de Maisie « Arya Stark » Williams qu’elle double depuis le début. Que ce soit au travers de ses changements d’identités ou de son expression orale qui se développe au fil des saisons. En dehors de Game of Thrones, Alice Orsat a récemment eu la possibilité de faire la version française du magnifique et poétique anime japonais « Your Name ».

Anne Massoteau quant à elle, soit le personnage de « Dame Cigogne » dans la fiction, perçoit la protagoniste comme trouble et avec de nombreuses facettes. Étant bien intégrée dans la troupe de théâtre qui accueille « Arya Stark » dans la saison 6, les deux femmes se rapprocheront au point qu’ « Arya » écoutera volontiers les conseils de la comédienne de théâtre. Un fait que Madame Massoteau apprécia fortement au travers de « Dame Cigogne ». Elle a ainsi le sentiment qu’ « Arya » n’aurait pas autant voyagé sans ces échanges.

Pour terminer, Constantin Pappas prit la parole. Reconnu pour son travail vocal en français sur « Tyrion Lannister » et donc Peter Dinklage, il remarque également que le anti-héros est le délaissé et malchanceux de la série. Lâche et alcoolique, il est pourtant tout autant intelligent et manipulateur que sa sœur « Cercei ». Pour le comédien français, et musicien professionnel en parallèle, le personnage qu’il suit depuis 7 ans est devenu plus intense et très aisé dans les relations politiques.

Peu après le départ de Constantin Pappas, devant se rendre à une autre convention, ce 14ème débat se généralisa laissant les invité-e-s se passer le micro et réagissant au fur et à mesure des questions. Ils énoncèrent ainsi le fait qu’ils tournent de moins en moins ensemble, même si cette différence se ressent surtout au niveau des long-métrages, et que les tournages pour les séries sont toujours plus éprouvants, à cause, de la rapidité d’exécution et de chaînes privées comme « Netflix ». Des souvenirs leur revinrent, comme les débuts à 5 ans d’Alice Orsat ou lorsqu’elle avait été presque d’emblée choisie pour doubler « Arya Stark ». Fait plutôt rare, car un casting vocal est très souvent demandé. Ils remarquèrent aussi que de nombreuses écoles du doublage se créent, mais aucune ne fait vraiment de cours propre audit métier. Car pour une large majorité de comédiens-iennes en doublage, le théâtre est un élément clé pour commencer afin de transmettre les émotions au public. Le temps passant, beaucoup ont de plus en plus le sentiment que le doublage devient un effet de mode. Alice Orsat rajouta : « Ce métier est un peu comme un tronc d’arbre, solide, mais avec énormément de ramifications ». Ils s’imprègnent souvent de leurs personnages, de leurs sentiments et rythmes. Parfois même, et en comparaison de rôles au sein de long-métrages, un lien fort émotionnel se crée et s’en détacher peut demander un effort supplémentaire.

D’autres métiers et personnes sont mentionnés durant ce Salon. À l’exemple de Laurent Dattas qui dirige la version française de Game of Thrones et fournit un travail tout autant bon que les comédiens-iennes impliqué-e-s. Laurence Bréheret profite de son allusion pour le remercier. Guillaume Orsat émet alors une suggestion aux organisateurs de l’évènement. Et si pour une prochaine année certain-e-s directeurs-trices de casting étaient invité-e-s ? La réflexion sera certainement menée par l’association et gage à espérer qu’elle puisse aboutir.

Finalement, le débat se termina avec quelques questions du public et les dédicaces. Ces moments se sont déroulés dans une ambiance amicale. Cette 14ème rencontre fut riche en rencontres et bien soutenue. L’assistance présente a beaucoup apprécié le moment de partage et l’aisance des hôtes à s’exprimer.

Merci aux organisateurs pour leur travail, aux animateurs pour leur réactivité et aux bénévoles pour leur flexibilité. Le Salon des séries et du doublage est une manifestation qui ne pourrait exister sans ces personnes. Je leur souhaite un bel avenir et que les futures éditions soient tout autant abouties.

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