Presque 30 ans après la sortie du cultissime « Brazil », Terry Gilliam s’essaye à nouveau à la fable d’anticipation en mettant en scène un scénario de Pat Rushin, professeur d’université, narrant les péripéties d’un génie informatique vivant reclus chez lui afin de travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’existence. Considéré par Gilliam lui-même comme le successeur spirituel de « Brazil », son dernier long métrage en date souffre d’un traitement superficiel des thématiques de prédilection de l’ex Monthy Python (le contrôle, la manipulation, la paranoïa) utilisées afin d’illustrer le manque de relations humaines dans un monde ultra-connecté. Dans « Zero Theorem », la folie de Gilliam n’est pas suffisamment canalisée et le récit devient vite confus. Visuellement, le réalisateur de « L’Armée des 12 singes » se limite à recycler des éléments issus de son univers si atypique propice à des délires colorés et cartoonesques. Comme à son habitude, Christoph Waltz se démarque d’un casting improbablement riche et varié (Mélanie Thierry, Tilda Swinton et Matt Damon). A l’image du parcours de son personnage principal, « Zero Theorem » s’apparente quelque peu à un délire d’autiste qui pourra probalement satisfaire des spectateurs novices de l’univers cinématographique de Terry Gilliam mais qui frustrera les inconditionnels de « Brazil » et de « L’Armée des 12 singes ».

Zero Theorem (The Zero Theorem)
De Terry Gilliam
Avec Christoph Waltz, Mélanie Thierry…
Ascot Elite