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23 octobre 2020

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« La couleur de la victoire » : une couleur trop terne

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La couleur de la victoire ou l’ode à l’un des plus extraordinaires athlètes de l’entre deux-guerres, dont le nom restera dans l’histoire tant pour ses exploits sportifs que pour le contexte très particulier dans lequel il a accomplis ces derniers.



La vie de Jesse Owens a tout ce qu’il faut pour en faire un excellent film : ses origines modestes,  la discrimination dont il était victime à cause de sa couleur de peau dans son propre pays, sa succession de victoires au nez et à la barbe d’une Allemagne qui voulait profiter des jeux olympiques de 1936 pour démontrer la supériorité aryenne face aux autres « sous-races ». Le scénario était d’une certaine manière tout écrit. Il fallait juste le mettre en images, en réaliser une synthèse qui montrerait le parcours et les embûches qui étaient plus une règle que des exceptions, le tout en sélectionnant les étapes marquantes qui permirent à un sportif hors normes de devenir une légende. La couleur de la victoire est-elle donc un reflet de cette vie d’exception, une victoire pleine et glorieuse ou une réalisation à la couleur terne et sans saveur ?


Le film qu’en tire Stephen Hopkins souffre malheureusement d’une mise en scène beaucoup trop conventionnelle qui ne réussit à aucun moment à mettre en valeur les événements extraordinaires d’un destin qui pourtant n’en manque pas. En conséquence, nous traversons tout le film en appréciant certes ce qui nous est présenté car l’ensemble reste sympathique mais sans pour autant ressentir de l’émotion, sans se sentir entrainé dans les épreuves auxquelles Jesse Owens a dû faire face. C’est comme si nous avions affaire à un biopic d’un quotidien banal, qui manquerait cruellement de rythme, de faits le rendant singulier, insolite, atypique, alors que c’est tout l’inverse, il y a de la matière en abondance !

La couleur de la victoire réussit en partie l’exploit de rendre une recette fade alors que tous les ingrédients pour en faire une réalisation hors du commun étaient à disposition. Il est aussi dommage que l’acteur choisi pour incarner Jesse Owens manque cruellement de charisme et de crédibilité et n’aide nullement à relever le rythme nonchalant du film. Finalement le plus réussi restent encore les rôles annexes tels que celui tenu par Jeremy Irons et son ambiguïté constante ou le personnage de Goebbels qui fait froid dans le dos tellement il incarne avec justesse cette idéologie nazie qui ne prend même plus la peine de cacher ses intentions.


Au final, ce long-métrage vaut quand même la peine d’être vu ne serait-ce qu’une fois pour se rappeler la vie d’un homme extraordinaire qui sut relever des challenges et briller malgré tous les obstacles qui se sont dressés sur son parcours, le tout à une vitesse qui laissait ses adversaires sur place et les spectateurs – même les plus réticents – bouche bée.

Pour la qualité cinématographique en revanche, il est évident que ce film ne fera pas histoire, contrairement à son protagoniste. Un beau récit mais une réalisation trop classique et un rythme passif empêchent le film de Hopkins de rêver de médailles d’or. Et ce ne sont certainement pas les bonus accompagnant cette sortie en Blu-ray qui pourront aider à redorer l’éclat du film car ils sont tout simplement aux abonnés absents, pas même une simple bande-annonce n’ayant été incluse.

Réalisé par Stephen Hopkins
Avec : Stephan James, Jason Sudeikis, Eli Goree, Jeremy Irons, Barnaby Metschurat
Distribué par Impuls
Durée : 122 minutes

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