« Candyman » : Un monstre un peu trop politisé

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Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Basé sur le court-métrage « The Forbidden » tourné en 1978 par le metteur en scène Clive Barker, cet opus de « Candyman » est la suite directe du 1er film sorti en 1992. Mais cette séquelle s’éloigne de l’idée de base et peut déplaire aux puristes de l’horreur.


Une dizaine d’années s’est écoulée depuis les derniers agissements du tueur mystérieux Candyman qui sévissait principalement au sein du quartier de la Cité de Cabrini Green, à Chicago. Si les fameuses tours maudites furent détruites et remplacées par des bâtiments modernes et davantage accessibles pour les nouvelles générations de jeunes riches, la rangée de maisons déjà au cœur des problèmes à l’époque, est encore là. Même si elles sont délabrées et abandonnées depuis fort longtemps. Après avoir appris la légende sur Candyman et parce qu’il perd son illustre inspiration, que l’artiste peintre Anthony McCoy décide de faire renaître le mythe horrifique. Ceci, au travers de ses nouveaux tableaux devenant d’ailleurs toujours plus terrifiants. Anthony ira jusqu’à prononcer 5x le nom du meurtrier notamment par défiance. Mais au moment où les premières nouvelles victimes sont découvertes atrocement mutilées, Anthony déchantera totalement. Cependant et malgré lui, il finira par vendre son âme à un être aux intentions vraiment malsaines.

C’est en 1952 que le polyvalent Clive Barker naît, à Liverpool en Angleterre. Auteur, peintre ou metteur en scène, l’artiste influence encore plusieurs générations grâce à ses nombreux talents créatifs.

Appréciant grandement les ouvrages littéraires de certains maîtres en la matière à l’exemple d’Edgar Allan Poe, William Blake ou William Shakespeare, il va trouver son propre genre tout en leur rendant hommage au travers de ces différentes créations. Ainsi, de nombreux thèmes vont lui devenir chers et récurrents à l’exemple de la passion, du crime, de l’érotisme ou encore, de l’onirique.

Avec « Candyman », que ce soit en 1992 et sa suite plus ou moins directe presque 30 ans après, c’est principalement le côté gore qui se garde au niveau du scénario. Quant à la légende du tueur, si le fil rouge par rapport à ce dernier demeure conservé, l’histoire écrite par Nia DaCosta (« Little Woods » et surtout, le futur « The Marvels »), Win Rosenfeld (« BlacKkKlansman ») et Jordan Peele (« Us ») s’en retrouve beaucoup modifiée. Peut-être même un peu trop.

En effet, au travers de cette version et sequel, « Candyman » n’est plus seulement le tueur choisissant au hasard les enfants. Cette fois-ci, non seulement il s’attaque davantage aux adultes comme démontré dans la bande-annonce, mais en plus, l’actualité quant au racisme / anti-racisme, s’avère capitale par rapport à la trame de la fiction.

Une idée intéressante à la base. Néanmoins, ce concept modifie beaucoup l’approche de la version de « Candyman » en 1992 qui se fichait davantage de ses victimes. Il était avant tout un horrible tueur sans aucune pitié et n’épargnait personne. Même si au final, l’héroïne de l’époque jouée par Virginia Madsen (« Joy »), s’avèra davantage persécutée à cause de son acharnement.

Mais si ce choix scénaristique demeure quelque peu regrettable, il reste notamment plaisant de voir que l’acteur Américain Tony Todd (la série « The Flash ») participe à nouveau à ce volet et en endossant une fois encore, l’un de ses rôles marquants.

A ses côtés, une distribution dont plusieurs comédiennes et comédiens sont à surveiller de près car leurs futurs projets cinématographiques ne manqueront pas d’intéresser le public. A commencer par Yahya Abdul-Mateen II qui fut un adversaire de taille pour « Aquaman » en 2018 et sera de retour dans le second volet, « Aquaman et le Royaume Perdu » prévu en 2022. Il en va de même par rapport à sa partenaire à l’écran par exemple puisque Teyona Parris incarne l’inégalable « Monica Rambeau » dans la récente mini-série « WandaVision ». Une protagoniste de retour aussi, dans « The Marvels », le 2ème volet de « Captain Marvel » également prêt en 2022. Et pour les personnes suivant bien, voire assidûment, la série « Fear the Walking Dead », un certain Colman « Victor Strand » Domingo, aura une importance surprenante au sein de « Candyman ».

Finalement, que les spectateurs-trices apprécient ou non la dimension politique, sociale et antiraciste utilisées dans cette fiction, « Candyman » contient plusieurs scènes violentes, parfois choquantes pour les personnes sensibles et les plus jeunes, mais surtout, permet de passer un moment divertissant et de (re) découvrir la légende et les dangers menaçants lorsque son nom est prononcé 5x devant un miroir…

Candyman
USA – CAN – 2021 – 1h31 min
Horreur, Thriller
Réalisatrice: Nia DaCosta
Casting: Yahya Abdul-Mateen II, Tony Todd, Teyonah Parris, Colman Domingo, Vanessa Williams (II), Rebecca Spence
Universal Pictures
25.08.2021 au cinéma

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